MisterWind

M I S T E R W I N D

Et la gente féminine

RENCONTRE 11

Des mois. Oui des mois de travail acharné à lire et relire tout une flopée de bouquins sur la séduction pour un bien maigre résultat, une déception.

Tout a commencé sur le site myspace, il y a quelques mois donc. Navigant de profil en profil j’ai fini par croiser le sien. Tout de suite son univers m’a attiré. J’ai envoyé un message et quelques jours plus tard nous discutions par messagerie interposée via msn.
Je me souviens de ce jour où elle avait affiché dans son avatar un portrait d’elle, tenant un revolver à bout de bras. Une photo à la fois sexy et mystérieuse. Sexy pour le 357 magnum qu’elle avait empoigné comme une femme fatale et mystérieuse car elle dissimulait son visage. J’ai tout de suite accroché !
Au fil des mois j’ai compris que c’était une damoiselle spéciale, avec un fort caractère, parfois puéril. Une répartie dans la conversation, assez déstabilisante, d’où l’usage et surdosage de ces livres censés vous enseigner l’art de la séduction. Tout ceci n’est que foutaise, rassurez-vous, mais traduit assez bien le flou auquel j’étais confronté lors de ses « caprices » : un jour j’étais hyper marrant, l’autre pas du tout. Si bien que j’ai fini par rester courtois, ayant atteint un certain degré de lassitude. Degré renforcé le jour elle m’a dit qu’elle avait un nouveau mec.
En bon vent enjôleur que je suis, je n’ai pas insisté. Je l’ai simplement relancée, à intervalle régulier, comme le ferait un simple ami.
Puis un mois avant cette rencontre elle m’annonce qu’elle vient de rompre avec son copain (ou peut-être a-t-il fui ?) mais elle part vivre, dans la foulée, en terre alsacienne. Ni une, ni deux je lui ai dit que lorsqu’elle reviendrait dans le sud on se verrait enfin.

j’sais pas si ça t’intéresse, mais pour info jsuis dans le sud en c’moment

Voilà le déclenchement de cette rencontre. En revanche le lieu de notre « escapade » avait été défini bien avant. En effet ma damoiselle étant une grande fan d’autruche, nous avions convenu de partir à la découverte d’un élevage dans la région, lors de notre première entrevue.

Je suis passé la prendre avec près de trente minutes de retard. Le vent est parfois capricieux, je sais. Mais elle ne m’en a pas tenu rigueur. Peut-être parce que je me suis un peu égaré sur les routes de l’arrière pays. (égaré est un bien grand mot). La réalité est qu’elle habite un endroit isolé, en pleine campagne.
Nous avons roulé une bonne heure avant de trouver cet élevage d’autruche, perdu au milieu de nulle part, à la croisée de rails de chemins de fer. Je me souviens avoir passé pas moins de trois passages à niveau avant de voir un minuscule panneau indiquant notre destination.
Peu de monde ce jour là, malgré les vacances scolaires. Le propriétaire nous a aimablement accueilli en reconnaissant que la signalétique conduisant à son élevage était insuffisante, pour ne pas dire quasi nulle. Pendant qu’il nous expliquait le parcours de sa « ferme » (oui il se trouve qu’il n’a pas que des autruches) ma damoiselle était déjà impatiente.
Nous avons commencé par voir des animaux familiers : un cheval, des lapins, puis nous avons glissé vers des oies, pigeons, canards, poules en passant par les cochons. Bien entendu devant chaque enclos, une petite pancarte indiquait au visiteur inculte, le type de race et les origines des animaux. En revanche ce que le propriétaire a omis de nous dire c’est que le port du masque était obligatoire. Non pas que le spectre de la grippe aviaire plane au dessus de l’élevage, mais une odeur affreusement forte et piquante, s’immisçait dans nos narines. La faute aux cochons et à la volaille !
Nous avons rapidement traversé cette poche odorante pour découvrir les premières autruches de l’élevage. Un animal assez surprenant, aux formes bizarres, à mi-chemin entre une poule, une girafe et un tyrannosaure ! Un bipède haut sur pattes avec un cou horriblement long, qui fait froid dans le dos. Et dire que l’autruche peut atteindre une vitesse de 70 km/h. Résultat la nuit qui a suivi j’étais pourchassé par des autruches ! Je plaisante.
Nous avons poursuivi la balade en rencontrant des moutons, des chèvres, des dindons, un paon et avons regagné le fond de l’élevage où déambulent des dizaines d’autruches ! Notre découverte aurait pu s’arrêter là si nous n’avions pas assisté à une danse assez spectaculaire de la part d’une autruche. J’ai cru pendant un moment qu’elle avait un grain de folie passager et qu’un visiteur mal intentionné lui avait fait une démonstration de tecktonik. Mais lorsque nous avons regagné la sortie, intrigué par ce spectacle insolite, j’ai demandé des explications au propriétaire. Il m’a dit qu’il s’agissait d’une parade nuptiale ou amoureuse et que ma damoiselle ou moi, avions une touche avec l’autruche mâle !
J’étais à deux doigts de proposer à ma damoiselle de la laisser sur place pour repartir rapidement chez moi…

Hélas nous sommes repartis tous les deux. A bord de la voiture je n’avais qu’une hâte ; la raccompagner chez elle rapidement pour mettre fin à cette rencontre futile. Le clou de cette journée fut cette phrase subite :

- j’ai envie de fraise.
J’ai répondu en un éclair :
- mais c’est la première fois qu’on se voit !
Elle n’a pas compris le sens de ma plaisanterie…

Par malchance nous avons croisé sur le chemin du retour un primeur. On s’est arrêté et elle a fait provision de fraise pour la soirée.
On s’est quitté de façon amicale, et pour ma part définitivement. Cette journée aura été une épreuve car dès que je l’ai vue, j’ai été déçu par son physique ! Ainsi, durant notre rencontre, j’ai eu l’esprit ailleurs.

RENCONTRE 10

Sensualité et caractère. Escapade dans la capitale. Deux jeux de mots pour définir tour à tour cette damoiselle que j’ai rencontré le temps d’un week-end.

Elle, j’ai fait sa connaissance un peu par hasard, à la fin d’un matche de la coupe du monde de rugby, en septembre dernier à Marseille. Elle faisait partie de ces spectatrices qu’on appelle plus communément des inconditionnelles et qui suivent par tout temps et dès que l’occasion se présente, leur équipe nationale ! La sienne ? et bien ce n’était pas le quinze tricolore.
Comprenez, elle est étrangère ! Force est de constater que mes heures de bénévolat ont été justement récompensées puisque c’est le deuxième contact qui aboutit.

Je suis donc partie en milieu de matinée abandonnant mon sud natal et sa luminosité flamboyante pour la grisaille et la froideur parisienne. Je suis monté à bord de cette fusée peinte par couches successives de bleu, blanc et gris, à la manière d’un mille-feuille. On s’est élancé vers le nord en laissant derrière nous la Bonne Mère auréolée d’un bleu azur.
Nous avons avalé les kilomètres à une vitesse éclair, entraînant dans notre sillage la grisaille qui minait les alentours de la région lyonnaise. Durant les trois heures de trajet, j’ai été pris en otage par un parfum enivrant. Celui d’une damoiselle assise à mes côtés et au physique bien agréable, sans doute jeune trentenaire. Elle a partagé son temps entre lecture, analyse détaillée du paysage et sieste improvisée. Pendant qu’elle s’est assoupie, j’ai laissé mon regard vagabonder en la caressant en tout sens. J’ai dévoré toutes les parties de son corps qui s’offraient à moi. Puis quelques minutes avant l’arrivée, la réalité a stoppé sans ménagements mes fantasmes les plus osés. Son ami est venu la rejoindre pour lui proposer de boire un café avant que le train entre en gare, mais son estomac vide a gentiment refusé.

J’ai posé pied à terre, du moins sur le quai, avec une envie absolue de faire de ce voyage une réussite. J’ai remonté les rames une à une, d’un pas lent et prudent, pour ne pas dire sur la pointe des pieds, par peur d’être écrasé, absorbé par le poids de l’Histoire. Ô Paris, ville de richesses et de pouvoirs.

Elle m’a donné rendez-vous à 18 heures à la station de métro de Saint-Germain des Près. Pour occuper mon après-midi, je suis parti à la découverte du monument des monuments : la tour Eiffel !
Ni une, ni deux, à peine arrivé j’ai plongé dans le méli-mélo des lignes du métro. Direction l’esplanade du Trocadéro. Lorsqu’on regarde sur un petit fascicule le plan détaillé de toutes les lignes du métro, on sourit subrepticement en se disant que celui de Marseille est de loin riquiqui, certes ! (2 lignes seulement !) mais on remercie l’arc-en-ciel pour sa palette de couleur suffisamment étoffée pour représenter chaque ligne d’une couleur distincte !
En remontant à la surface j’ai débarqué sur une grande esplanade où les touristes étaient agglutinés. Impossible de l’apercevoir sans faire quelques mètres. Et là, en levant les yeux au ciel. Grandiose ! Elle faisait face, déformant la ligne d’horizon d’un grand i majuscule. J’ai descendu les escaliers jusqu’à la place de Varsovie, en croisant deux groupes de jeunes gens qui s’essayaient à la tecktonik devant des grappes de badauds. J’ai traversé la Seine pour arriver aux pieds de la Tour. Quatre piliers et trois files d’attente, les unes aussi longues que les autres, mise à part une où il semblait y avoir un peu moins de monde. J’ai donc intégré cette file. Puis, un quart d’heure plus tard et quelques pas plus loin, on se demande pourquoi on progresse à allure régulière. On a soudain un sentiment de satisfaction d’avoir choisi le bon pilier jusqu’à que nos yeux croisent au dessus des caisses, en lettres capitales, ESCALIERS. Amusant, je dois reconnaître !
Je suis donc parti à l’assaut de la Tour et ses 671 marches jusqu’au deuxième étage, après renseignement pris auprès du personnel situé à proximité des tourniquets de départ.
Au fur et à mesure qu’on s’élève, la vue sur Paris est imprenable. Mieux vaut ne pas avoir le vertige. Le troisième et dernier étage, auquel on accède obligatoirement par ascenseurs, est époustouflant au regard de la vue qui nous est offerte.
Je suis redescendu sans tarder car finalement la visite de la Tour aura accaparée toute mon après-midi : file d’attente en bas, au deuxième étage, puis au troisième pour redescendre. Je suis reparti en empruntant le même itinéraire que pour venir. Pendant ce temps l’heure tournait et voyant que je ne pourrais pas être au rendez-vous comme convenu, à cause d’un changement de ligne, j’ai appelé ma damoiselle pour lui dire que j’arrivais par un accès plus direct via une station de métro voisine : Mabillon.

Le souvenir de sa silhouette et son visage, que j’avais imprégné à l’encre indélébile dans ma mémoire de vent enjôleur, resurgit en un instant lorsque je la vis. La bouche de métro venait de m’expulser à l’air libre. Elle était là à m’attendre, devant un coin d’immeuble. Elle s’est avancée vers moi en souriant et m’a adressé un bonjour amical accompagné de deux bises. Cinq mois avant de la revoir. Une éternité.
Nous sommes partis à pieds vers le quartier de Saint Germain des Près où nous avons flânés, apercevant sur notre chemin, l’église et d’autres édifices semi-touristiques. Nous avons marché et encore marché, jusqu’au détour d’un carré vert : des bosquets de verdure et plusieurs bancs publics sur lesquels nous avons pris place, quelques minutes, pour qu’elle se délecte d’une cigarette. Le froid régnant en maître, en ce début de soirée, je lui ai proposé une virée dans une brasserie histoire de se réchauffer autour d’un café. Nous sommes restés une bonne demi-heure à bavarder et sommes repartis une fois que nos températures corporelles nous ont fait signe que tout était ok ! Nous avons poursuivi notre balade au travers des rues et ruelles. J’avais une impression de tourner en rond. C’est comme si elle ne savait pas au juste ce qu’elle voulait faire. J’ai donc dit que la balade m’avait ouvert l’appétit. Nous sommes rentrés dans une pizzeria. Elle n’avait pas faim car avant de me rejoindre elle avait mangé. En effet pour améliorer sa vie d’étudiante elle est serveuse dans un restaurant. J’ai donc dîné avec elle mais seul.
Lorsque nous avons regagné l’extérieur, nous avons été saisis par le froid. A dire vrai nous étions tous les deux peu vêtues. C’est à ce moment précis que j’ai eu envie de l’embrasser pendant qu’elle fumait sa cigarette. Je l’ai serré contre moi et pris dans mes bras. J’ai tenté de caresser ses lèvres des miennes, en vain. Nous sommes repartis à travers les rues, sans but précis. Après une poignée de minutes nous avons fait une halte sur un banc au beau milieu d’une place agrémentée d’une fontaine digne des grandes fontaines italiennes. On s’est assis. Elle s’est serrée contre moi et a posé sa tête contre mon épaule tandis que mes bras ont encerclé son corps. On est resté là de longues minutes à observer les balbutiements d’une nouvelle nuit parisienne. Pendant ce temps je jouais avec son visage, je la chatouillais avec mon nez, mes lèvres… et sans coup férir, elle a brusquement tourné sa tête et m’a embrassé avec fougue. Un long baisé délicieux.

J’ai alors demandé :
- Pourquoi maintenant ?
Elle a répondu :
- Parce que tu voulais goûter mes lèvres.

Nous avons recommencé encore et encore jusqu’à ce qu’un sans domicile fixe nous déloge du banc. En se relevant le froid était devenu glacial à cause d’une légère brise. Nous sommes partis en quête d’un nouveau point de chute : un abribus. Nous avons rejoué notre concerto de baisers et la soirée s’est achevée, pressée par l’heure de fermeture des métros. Elle m’a raccompagnée jusqu’à la station la plus proche. On s’est quitté sur un langoureux baiser. Puis pendant le trajet retour vers mon hôtel, j’imaginais déjà demain et la suite de cette rencontre ainsi qu’à la façon de lui dire que je revenais la semaine prochaine pour le tournoi des six nations.

GOUT AMER

Aujourd'hui a un goût amer car je repense à cette rencontre du week-end. Aujourd'hui n'est plus comme vendredi dernier. J'ai envie de rien, seulement d'elle, de sa bouche, ses lèvres, son odeur et ses caresses. Je cogite, m'interroge, sur ce que je fais ici, à Marseille.
Quel sentiment étrange que d'être dans cet état traumatique post-rencontre. A croire que je n'en suis pas ressorti indemne. Et c'est bien la première fois !

Récit de la rencontre, dans la semaine...

IKEA

Ce week-end j’ai zigzagué dans le labyrinthe du géant suédois, un magasin où l’entrée est surdimensionnée et la sortie introuvable, à moins de suivre bêtement les flèches au sol. Paraît que c’est une stratégie commerciale : obliger le client à vagabonder au milieu des centaines d’articles augmente la probabilité de vendre. Résultat ? Je n’ai rien acheté. Seulement des silhouettes pleins la tête.
Il y a quelques mois j’ai vécu une aventure similaire chez Alinéa, un magasin en tout point similaire à Ikéa à un détail près : sa clientèle, plus bourgeoise. Evidemment la quadra, le troisième age qu’on trouve chez Alinéa n’est pas présent chez son concurrent direct. Et vice-versa. C’est en ce sens que je préfère de loin Ikéa. Car pour s’arrêter à un axe purement esthétique, je dirais qu’Ikéa est un vivier à gourmandise pour les yeux. Certains articles sont certes surprenant, mais les jeunes couples y pullulent. La gamme de produit est alléchante : de la petite midinette qui rêve déjà d’indépendance (même si les parents ne sont pas très loin) en passant par la jeune damoiselle qui vient d’emménager et qui (se) promène (avec) son mec, à la mère de famille avec enfant(s) en bas-âge (là aussi le mari veille au grain). Le choix est certes ardu mais je ressens irrémédiablement ce besoin vital : enjôler une damoiselle. Alors une phrase par-ci, un sourire par-là. Je prends mon mal en patience et égrène les allées d’un pas lent. La manœuvre est habile mais périlleuse à la manière du jeu du chat et la souris. Comment interpeller cette damoiselle sans (r)éveiller son ami ? Courage, audace et malice. Voici le triptyque vainqueur quitte à prendre des coups ou recevoir des injures.
Hélas je n’ai pas poussé le vice jusque là pour la simple et bonne raison qu’en réfléchissant j’ai finalement admis que ce mois de février n’est pas le mois le plus propice à ce genre de rencontre. Préférons septembre qui est LE mois durant lequel les colocations se font et défont. Sans doute qu’à ce moment précis, les couples d'amies qui viennent d’emménager ensemble seront plus nombreuses dans les allées d’Ikéa !

J'AI APERCU

Aujourd'hui j'ai aperçu la quintessence du fantasme féminin. Je parle de cette damoiselle sexy qui déambule sans idée fixe et qui aimante sur son passage les regards de tout un chacun. Je parle de cette damoiselle qu’on aperçoit de dos et dont les formes, notamment ses fesses, vous agrippe le regard comme le ferait un bambin avec sa sucette.
Je n’ai pas vu son visage, ni même l’esquisse de ses lèvres ou la couleur de ses pupilles. Et pourtant ses fesses m'ont donné envie. L’envie de lui faire l’amour sauvagement comme dans mes fantasmes les plus insensés, les plus osés.

RENCONTRE 9

Ce qui devait un jour arriver, est arrivé…
En déployant ce filet à papillon sur la toile ou en postant sur vos blogs, j’ai craint qu’une personne mal attentionnée puisse faire rimer mon sobriquet de monsieurlevent avec vent tout court. Non pas que ce "monsieurle" soit trop indigeste à prononcer ou bien que je sois transparent dans mes échanges, quels qu’ils soient. Je parle de ce vent accessoirement appelé râteau, veste, que sais-je encore…

Quelques mois, quelques jours auparavant.

L’automne a déferlé sur la France alors qu’un parfum d’été flâne encore sur le pourtour méditerranéen. C’est le week-end. Je suis en famille chez mon oncle et ma tante. Nous sommes sur la terrasse, attablés autour de boissons rafraîchissantes, lorsqu’une sonnerie de téléphone portable retentit. Soudain ma cousine sort en courant de la maison, avec son sac de sport en bandoulière. Elle zigzague au milieu de la terrasse et m’interpelle à voix haute en me demandant de l’accompagner jusqu’à la porte. Nous descendons les escaliers à toutes enjambées et traversons le jardin. Elle me dit que sa copine passe la prendre en voiture d’un instant à l’autre, pour l’emmener au sport.
En un bref instant cette situation est devenue intéressante. J’ai attendu, nous avons attendu, que cette damoiselle au grand cœur arrive. Une minute, puis deux et elle est apparue dans son auto. Premiers regards, premiers sourires. J’étais au pas de la porte lorsque ma cousine est montée dans cette voiture. Elles sont reparties en deux temps trois mouvements.

Dans les heures qui ont suivi ma cousine a joué les entremetteuse. Elle m’a dit que sa copine était célibataire. Résultat je me suis retrouvé à discuter contre mon gré (sourire) avec cette damoiselle durant quelques soirs. Une discussion pas déplaisante sur la forme mais assez irritante sur le fond. Je constate avec le temps que c’est une des raisons pour lesquelles je préfère les damoiselles au nombre de printemps supérieurs aux miens, autrement dit à celles qu'on appelle trivialement des "jeunettes".
Moins d’une semaine après ma cousine m’a dit que sa copine était de nouveau casée (sic).

Les jours, les mois ont couru jusqu’à que j’apprenne fortuitement, par le plus grand des hasards que cette damoiselle, un temps dans ma ligne de mire, était de nouveau libre comme l’air.
Nous avons donc repris contact. De mon côté lui demandant une rencontre, elle me disant expressément qu’un de ses copains de fac lui faisait des avances depuis un mois et demi. Ça l’amusait presque qu’on soit plusieurs à vouloir l’arracher à sa solitude à fortiori passagère. Après une négociation rondement menée, elle a accepté que je vienne la voir lors de son entraînement sportif.

La suite c’est cet échange de mail qui la raconte…

Sa flèche :
Je sais pas ce que tu t'es imaginé mais il n'y aura jamais rien entre nous, je veux plus entendre parler de toi. Tu ne m'interesses pas du tout, tu me plais pas, tu n'es pas mon style autant physiquement que mentalement! Et je crois que si t'en arrives a parler aux filles par mail c'est qu'il y a un soucis!
Pour ma défense :

Ton texte a le mérite d’être clair, direct, abrasif. C’est tout à ton honneur. Je crois que tu es un peu dure avec moi. Mais bon ça c’est mon problème et pas le tiens. Finalement tu ne me connais pas du tout. Toi tu écris ce que tu ressens, ce que tu as ressenti. J’ai juste le sentiment que c’est la peur qui a guidé tes quelques lignes assassines. (Parler avec un grand monsieur qui plus est monsieurlevent, peut impressionner. Ames sensibles s’abstenir)

Bref, je vais t’avouer un truc moi aussi, je regrette que tu manques de maturité. Peu importe le nombre de relations que tu as eu avec des mecs (ça ne me regarde pas et je m’en fiche) mais sache que rien ne vaut une bonne discussion plutôt que des phrases jetées en pâture à la va-vite. Si hier soir tu étais venu me dire – simplement – : "Monsieurlevent c’est gentil d’être venu me voir, mais peux-tu partir car tu me gênes pour mon entraînement". (ce genre de phrase ou autre chose) Je serais immédiatement parti car moi damoiselle, je suis un gentleman ! Et oui ça existe encore de nos jours.

Tu as préféré le silence et l’ignorance. C’est ton choix. Je crois que j’aurais du partir au bout de 5 minutes comme j’avais prévu. Mais peut être ai-je imaginé des choses après que tu m’aies dit que je pouvais venir te voir. Car s’il y a bien un point sur lequel je t’en veux c’est sur celui là. Je crois que tu n’as pas dit la stricte vérité à ma cousine. Je parle de nos échanges sur msn cette semaine, sur le fait que je ne t’ai pas forcé à me parler ni à me voir, etc. Car après le cinéma qu’elle vient de me faire, c’est un truc à me fâcher avec ma cousine pour 12 mois !!!

S’il y avait une morale à hisser comme un étendard sur notre rencontre furtive je dirais que tous les goûts sont dans la nature. Je ne te plais pas. Ok. Je m’en remettrais, rassure toi.
Quant à parler avec des filles par mail. Et alors ? Pour ta gouverne je te signale que c’est un moyen de drague comme un autre. J’use et abuse de tout les moyens.

Enfin sur le souci ou les soucis que j’ai évoqué dans mon dernier mail, je faisais référence à ta phrase, je ne parlais pas de toi. Tu vois même là tu n’as pas compris mon humour.

Je te souhaite bonne suite dans tes études, tes amours.

Adieu

VIVA LATINA

Depuis quelques jours, je rêve de saveurs latines où valsent soleil, sable chaud, eau salée et damoiselle endiablée, à la peau dorée, au regard épicé, au déhanché dévastateur.
Je marche au travers de ruelles étroites, peuplée de jolies inconnues. Les murs des maisons sont blancs, érodés par l’air marin qui enveloppe cette ville qui m’est inconnue.
Une musique latine me sert de boussole. Mes pas vont là où elle résonne. Plus j’avance, plus je l’entends.

J’arrive à la plage. Mirage ou lieu de déperdition. Mes yeux vacillent, pris par un étourdissement effréné. L’air est certes chaud, le soleil à son zénith mais la cause est ailleurs. Ce spectacle auquel j’assiste, des dizaines de damoiselles, certaines vêtues d’un traditionnel maillot deux pièces, tandis que d’autres arborent une simple culotte de bain, voire un string, est atypique. Mon regard se noie dans cette beauté féminine, latine, emportée par les formes, les couleurs…

Vivement l’été !

EDITO

Un mois. Un mois entre ce billet et le précédent. Tout juste le temps pour faire une pause et oublier la frénésie scintillante des fêtes, faite de magie supposée et emplie d’une bonne humeur contagieuse.
Aujourd’hui c’est bel et bien fini et je pousse un ouf de soulagement. Rassurez-vous je suis sorti de cette intermède festif sans trop de dommage. Comme un ours, j’ai hiberné en vivant sur mes réserves de numéros de téléphone, mails et autres contacts. Je reviens en forme, apaisé par l’année paire, déjà entamée, qui se profile avec en ligne de mire de nouvelles rencontres. Pourquoi ? pour pouvoir jongler avec deux damoiselles à la fois. En effet les années impaires je respire une à une les damoiselles. J’entends déjà parmi vous celles qui murmurent le chiffre trois. Hélas, je ne dispose pas de mon temps comme je le souhaiterais même si c’est un de mes chiffres préférés.

Un mois. Taire les mots pour mieux les faire rebondir, les laisser vagabonder au grand dam de mes textes. Chaque année je profite du mois de janvier pour enrichir mon vocabulaire. A l’image du précieux Petit Larousse et ses milliers de mots, je tri, rassemble ceux qui font l’actualité depuis quelques mois. Cette année je me suis penché sur les mots tecktonik et cruising.
Le premier est une technique de danse très en vogue chez les jeunes. Pas sur que celle-ci soit très sensuelle pour séduire. Inévitablement on glisse vers le deuxième mot qui est un moyen de séduction emprunté à la communauté gay. Il prend forme à l'heure du déjeuner au restaurant ou le soir dans un bar : séduire par un simple coup d’œil.

En attendant que dans quelques années on parle des damoiselles courtisées et caressées par les mots de Monsieurlevent, je vous souhaite une bonne et heureuse année.

RENCONTRE 8

Enfin. Si un mot à lui tout seul devait résumer cette rencontre ce serait celui là.
Pourquoi ? car elle découle des contacts que j’ai noué lors de mon immersion dans l’ovalie. Je parle de ces cinq semaines durant lesquelles j’ai été bénévole pour la Coupe du monde de rugby.

Je me souviens de ce premier échange entre elle et moi voilà près de deux mois. De la curiosité des premières minutes à percer les mystères de sa jeune carrière de journaliste puis au fil de la discussion à sombrer dans une attirance physique. J’ignore si elle répondait par politesse à mes interrogations ou bien parce que le vent enjôleur titillait son odorat comme le ferait un bouquet de lavande qu’on respire à pleins poumons.
Avant de la laisser partir, j’ai réussi par une manœuvre habile mais non préméditée à obtenir, non sans une certaine gêne, son mail, puis récemment et successivement, son numéro de téléphone et un rendez-vous.

Je l’ai appelée en début d’après-midi pour confirmer le lieu de notre point de chute. Travaillant en centre ville, à proximité du Vieux-port, nous avons convenu qu’il serait notre port d’attache avec en guise d’anneau d’amarrage une des trois bouches de métro qui émergent en surface.

La nuit avance et la rencontre est imminente. Je me presse car je suis en retard. Je la préviens par téléphone de ce contretemps fortuit. J’arrive finalement avec une dizaine de minutes de retard. Je cherche au loin une silhouette plantée à côté de la station de métro mais ne vois personne. Je m’empresse de traverser au milieu de la circulation. Soudain mon esprit s’emballe. Je ne la vois pas. Elle est absente de ce tintamarre urbain où vont et viennent des badauds, enivré de la magie de noël qui a envahi le centre ville et les artères alentours. Ce mois de fêtes par excellence est l’occasion d’habiller le décorum naturel de milliers de lampes, enchevêtré les unes aux autres et accrochés en haut des poteaux de l’éclairage public, dressés comme des mâts de bateaux. Je glisse la main dans la poche de ma veste pour saisir mon téléphone en tournant la tête pour chercher trace de sa silhouette. Et comme un mirage, mais réel, elle surgit d’une rue perpendiculaire.

- je m’abritait du vent.
Me dit-elle.

Aussitôt nous partons en quête d’un lieu de vie pour nous réchauffer. Le choix est rapide et se porte sur un de ces cafés qui pullulent sur les rives et aux abords du Vieux-Port.
Nous entrons. L’endroit est légèrement feutré et une musique d’ambiance inonde la salle. Nous nous asseyons autour d’un verre et nous parlons. Nous prenons le temps qui a fait défaut lors de notre première joute visuelle, pour faire plus ample connaissance. La discussion est vivante, plaisante, agréable. Ses yeux pétillent, son sourire m’attire. Nous échangeons tour à tour sur elle et moi, sur nos études, nos distractions respectives.
Un temps avant que nous partions, elle se relève et part s’isoler un moment à l’extérieur pour téléphoner, malgré le froid. C’est à cet instant que j’ai pris conscience de sa silhouette, de sa tenue très féminine qui enveloppait son corps de damoiselle. Des collants noirs sur lesquels elle avait enfilé un petit short sexy avec en guise de haut, un pull épais qui recouvrait un tantinet ses fesses. Un supplice pour les mains, un plaisir pour les yeux. Je suis resté légèrement étourdi par cette situation.
Lorsqu’elle est revenue s’asseoir, elle m’a soufflé qu’elle venait d'avoir la confirmation qu’elle travaillait demain. Voilà donc le mystère de ce coup de fil solitaire.
Nous avons fini nos verres et elle a proposé qu’on dîne ensemble. N’habitant pas à Marseille elle a voulu profité de l’instant présent.
Dois-je révélé que j'étais son unique rendez-vous sur Marseille ce jour là ?

Délaissant le café après une heure trente d’un ping-pong linguistique intense, nous avons convergé vers un restaurant voisin.
Au milieu d’un plat de pâtes, nous avons poursuivi notre accoutumance verbale en échangeant des sourires, des regards ambigus…

La soirée s’est terminée sur une note d’amitié et sur la promesse réciproque de se revoir bientôt.

RENCONTRE 7

Il y a des rencontres dont on est satisfait mais au final on ignore quel sentiment prédomine le plus. L’amitié ou l’attirance physique ? Je ne sais pas.
C’est sûrement le cas de cette rencontre qui a pris source, non pas dans le virtuel (comme ce filet dressé en travers du web ou blog et autre messagerie instantanée) mais dans la vie réelle. Et j’avoue que ça me change un peu.
Elle, je l’ai rencontrée voilà près de deux mois. Nous pratiquons le même sport au sein du même club. Autant dire une rencontre banale mais qui a mis du temps à se dessiner pour des tas de raisons. Difficulté de se voir en semaine en dehors des entraînements et le week-end, car elle retourne sur ses terres juvéniles, dans le centre de la France.

Le jour était certain, moins la météo. On avait décidé de se voir samedi. On s’est vu samedi.
Au départ j’avais prévu une balade dans les collines qui surplombent la ville, histoire de lui montrer toute l’étendue de Marseille et ses 800.000 habitants. Mais au vu de la météo larmoyante, avant de partir, j’ai préféré m’assurer de sa volonté et son agilité à zigzaguer entre les gouttes de pluie. Elle m’a répondu sans ambages qu’elle était toujours partante même au vu de ma proposition de bifurquer, vu le temps, vers une salle obscure.
Je suis donc parti à sa rencontre. Quelques minutes de voiture et j’étais devant chez elle, à heure dite. Ponctualité rime souvent avec un premier point de marqué !

Nous partons sous un ciel nuageux. Les perles de pluie s’effacent au devant de notre passage. Nous roulons en direction de la colline en traversant plusieurs quartiers de Marseille. Plus nous approchons, plus la route devient sinueuse et escarpée. Elle court au milieu de villas qui deviennent au fil de notre progression, isolées. Nous passons à côté d’un centre équestre, très fréquenté en ce samedi après-midi pluvieux, preuve s’il en est que ce chemin n’est pas si mystérieux.
Arrivés au pied du massif, un parking délimité par de gros blocs de pierre nous accueille. La pluie a cessé. Le ciel semble retenir son flot de tristesse. Serions-nous son point de mire joyeux pour qu’il ait coupé son déversoir lacrymal ?
Nous descendons de voiture. La végétation a remplacé le paysage urbain. Nous entamons une lente ascension sur ce chemin de terre et de pierres. L’air est humide. Il ne fait pas trop froid même si un léger vent enjôleur souffle par intermittence. Le dénivelé est faible. Nous discutons de tout et de rien tout en marchant. Elle me parle facilement d’elle, je lui parle de moi. Sa propension à la volubilité passerait presque inaperçue. De temps à autre nous nous arrêtons quelques secondes pour qu’elle découvre Marseille sous un angle chaque fois différent car plus on s’élève, plus le panorama s’élargit. Ainsi, au cours de la montée, elle aura à juste titre une pensée remarquable :

- Marseille est une ville amphithéâtre.
J’ai alors ajouté :
- ouverte sur la méditerranée.

A une dizaine de mètres du chemin trône une petite cabane de chasseur, légèrement dissimulée sous une peinture verte et tapissée sommairement de quelques branches de pin. Intrigués par ce petit tas de bois, érigé au milieu d’une garrigue peu abondante et ras le sol, je propose à ma damoiselle une visite discrète. Peut-être qu’un chasseur se tient poster à l’intérieur de cet îlot, attendant patiemment une proie ailée. Mais la cabane est vide. Entièrement vide. Pas même une chaise ni un bric-à-brac. Le lieu est certes exigu mais on y tient facilement debout à au moins cinq personnes. C’est à cet instant précis que mes idées se sont entrechoquées. J’ai eu envie de l’embrasser, de la déshabiller, de lui faire l’amour dans cet endroit insolite. Hélas le sentiment d’amitié a pris le dessus et nous sommes ressortis comme nous étions entrés.
Nous avons regagné le chemin et poursuivi la balade. En arrivant au sommet, le temps s’est transformé sans crier gare. Le brouillard est apparu comme pour mieux refléter le désordre dans mes pensées.

Nous sommes redescendus sous une bruine légère et continue abandonnant à mi-chemin l’épais manteau nuageux. La descente s’est faite d’une traite, au gré du jour qui décroissait. Les lumières de la ville ont peu à peu envahi l’horizon et nous avons parcouru les derniers mètres nuitamment.
Nous sommes rentrés mouillés, les poumons emplis d’air frais, avec sans doute un peu moins de distance entre nous.

L'AMOUR A LA FRANCAISE...

mention spéciale à la damoiselle brune vêtue de noir et de bas qu'on découvre assise.
Elle est tout simplement à croquer ;=))
C'est francement elle !!!

ECRIRE. POURQUOI ?

L’écriture est une gourmandise à laquelle résister est un supplice. Chaque lettre de l’alphabet est comme une friandise, qui avalée, peu importe comment, apporte son lot de saveur. Tantôt sucré, tantôt acidulé.

Écrire c’est partager un sentiment, exprimer une amertume, relater une histoire qui, quelque soit sa nature, insuffle une part de mystère, donne une part de rêve à ces yeux dévoreurs de friandises.
Ce qui séduit l’auteur c’est que son texte va susciter autant d’interprétations différentes qu’il y a de lecteurs. Il sème ainsi les bases d’une histoire que la pensée, l’imagination d’autrui vont cultiver, développer, sur les conseils du bon sens.
Toutefois nul besoin de décrire précisément un lieu de vie, une tranche de vie, pour éveiller l’imaginaire. Partager un simple point de vue suffit parfois à renvoyer chacun à sa propre histoire, sa propre expérience de la vie. Car ce qui unit finalement un auteur à ses lecteurs, c’est le dessein que son texte véhicule et auquel s’identifient ou se rapprochent les lecteurs. En somme écrire amène à une auto réflexion à la fois pour celui qui raconte et celui qui lit.

Une des sources de l’écriture réside aussi dans le besoin de combler une absence, se décharger du poids d’une souffrance. « Ecrire pour guérir ». A des moments il y a des meurtrissures, des blessures que seule la plume peut soulager ou aider à cicatriser. Parfois parler ne suffit pas. Alors écrire se mue en un exutoire et accentue les limites de l’audible.
Coucher des mots sur une feuille pour exposer un ressentiment, devient une thérapie, que seul le temps permet d’apaiser. Pour cela il n’y a pas de recette miracle. Aucune quantité de mot à respecter. Il s’agit de tout écrire à défaut de pouvoir tout dire.

Ecrire c’est aussi révéler un visage de sa personnalité par l’utilisation inconsciente de mots identiques. Leurs récurrence conduit à penser que chaque auteur est artiste et dispose de sa propre palette de mots. Avec, il compose, jongle comme un compositeur ou un acrobate. Ce refrain demeure perpétuel et l’éventail de son vocable s’enrichi avec les années.

Enfin écrire est une manière de défier le temps en laissant une empreinte de soi, en luttant pour conserver la saveur, le sens des mots. Rien n’est plus irritant que d’oublier ou hésiter sur l’orthographe d’un mot.

Mais écrire c’est avant tout lire.

Mon attrait pour les mots est à la mesure de celui que j’ai pour les damoiselles : incommensurable… (ce sera d’ailleurs le thème du prochain billet)

APPARENCE

L’habit ne fait pas le moine et pourtant…

Voilà quelques jours que je m’interroge sur le paraître d’un homme. Car quoiqu'en disent certains, celui-ci joue un rôle (important ?) quelque soit la nature de la relation envisagée avec une damoiselle. Exception faite pour le filet à papillon tendu sur la toile où les mots priment.

Quand on porte cinq jours par semaine un costume deux pièces (plus par usage que par envie) comment peut-on être davantage élégant ?
J’ai beau passer en revue les possibilités pour un homme. Mise à part sa nudité tel un joyau à l’état pur ou le traditionnel costume de cérémonie avec queue-de-pie en option. Je ne vois rien d'autres…

HIVER

Est-ce toi qui sonne à ma porte ?

La chaleur et la moiteur de l’été ont laissé place à l’épisode mélancolique par excellence. Celui qui panse les plaies, soigne les maux, guérit des excès et lisse les contours. Je parle de l’automne.
Aujourd’hui la nature oscille vers le taciturne. La luminosité intense du soleil a disparu au profit d’un temps maussade où les éclaircies reflètent les derniers battements de cœur d’une saison estivale trop vite envolée. Les arbres perdent leurs feuillages, se mettent à nu, tandis que certains se parent d’une tunique multicolore ondulant entre le jaune pourpre, le marron orangé et le rougeâtre.
Jour après jour la nature enfile son manteau hivernal. Elle se morfond dans le paysage, sans crier gare, comme apaisée après un été haut en couleurs. Elle s’apprête à sommeiller quatre mois durant lesquels son impatience pour le printemps va croître au fur et à mesure des minutes d’ensoleillement gagnées.

Le printemps est aux antipodes de l’automne, en ce sens que si pour la première on passe du fade à l’arc-en-ciel, du froid au réchauffement, pour la seconde, les couleurs virent au gris, les températures flirtent avec zéro. Pourtant ce sont mes deux saisons préférées car elles mettent en valeur la damoiselle qui déambule dans la rue. En effet en pareille saison, la curiosité et l’imagination sont reines. C’est un plaisir pour les yeux et l’esprit que de glisser dans une quête du vrai et du faux puisque la damoiselle n’est pas emmitouflée sous un fardeau de vêtements chauds et à l’inverse n’a pas le corps quasi dénudé. Alors inévitablement je me prends à imaginer son physique.
Toutefois ce que j’aime par dessus tout, dans ce genre de situation, c’est croiser son regard. Je le cherche, très souvent je le trouve. En un éclair, c’est comme si je lançais une salve de questions à ses yeux. Parfois son regard suffit à déceler une réponse. D’autre fois c’est un signe extérieur, une attitude, un geste, un sourire, qui me renseigne sur son caractère, sa situation, sa vie, sa disponibilité.

Et si finalement cette appréciation était une affaire de luminosité. Eblouissante en été donc aveuglé par la multitude de corps dénudés et l’hiver, pas assez élevée pour percer ne serait-ce qu’un brin de vérité. C’est sans doute pour ça que les damoiselles sont si belles au printemps et à l’automne.

Pour le moment il n’y a que l’heure d’hiver pour sonner à ma porte. Alors profites-en, Monsieurlevent !

DE RENCONTRER, LE VENT S’EST AMUSÉ

Que faut-il pour passer d’une rencontre banale à plus ?
Que faut-il pour tendre d’une relation amicale (si tant est qu’il y en ait une au départ) vers une relation amoureuse ou charnelle ?
Que faut-il pour troquer une bise contre un langoureux baiser ?
Que faut-il pour transformer des caresses du regard en des caresses tactiles et sensuelles ?
Que faut-il pour remplacer son prénom par un sobriquet affectif ?

Je vous livre les ingrédients de ma réflexion. Libre à vous de compléter, échafauder, améliorer, contester, étayer, cette recette. Qui a dit qu’un homme ne savait pas cuisiner ? Alors à table !

Temps de préparation : 5 minutes à quelques mois
Niveau de difficulté : facile à très difficile. (tout dépend de la fraîcheur des ingrédients)

Ingrédients : une damoiselle, un homme, une grande cuillerée à soupe d’attirance (pas nécessairement réciproque au début de la recette), un zeste d’envie, une pincée de hasard, un brin de jalousie, une cuillère à café d’audace, une tasse de charme, quelques centilitres de disponibilité, un verre d’humour, des tranches de sourires, une botte de regards gourmands, un bouquet de points communs, une gousse d’écoute, un pot de mots appropriés, un carré d’attention.

Prenez une journée et un moule quelconque. Incorporez la damoiselle, l’homme et l’attirance. Mélangez le tout jusqu’à obtenir un terrain propice à une rencontre puis réservez à température ambiante.
Pendant ce temps, prenez un bol et ajoutez-y le zeste d’envie et la pincée de hasard.
Si le moule est concret (un café, un concert, une soirée entre amis, les transports en commun, la rue) versez immédiatement dans le bol, l’audace, le charme, la gousse d’écoute et émiettez les regards gourmands. Auquel cas si le moule est virtuel (blog, forum, messagerie instantanée, site dédié) remplacez le charme et les regards gourmands par la curiosité et les mots appropriés. Le résultat sera quasi identique.
Remuez et laissez reposer une à deux minutes pour juger de la consistance. À cet instant vous devinez déjà l’issue de votre recette.
Si vous êtes confiant, versez le contenu du bol dans le moule et ajoutez progressivement l’humour, le bouquet de points communs (plusieurs c’est mieux), puis la disponibilité. Dans le cas contraire, conservez vos ingrédients inutilisés et recommencez la recette un autre jour.
Pour finir, saupoudrez le tout du brin de jalousie et du carré d’attention. Puis enfournez.

Cuisson : vive ou à feu doux, c’est selon votre humeur et/ou patience
Prix par personne : "du courage, du courage, du courage"
Conseil : à consommer sans modération !

Seule une question subsiste, le type de rencontre : entrée, plat ou dessert ?

Pour le refrain...